Dany Caligula – Réponse aux six insultes d’Internet

Cette lettre publique est écrite à l’intention du Youtubeur Dany Caligula . C’est un auteur que j’ai toujours beaucoup admiré, qui m’a toujours beaucoup touché. Sa dernière vidéo est bouleversante. C’est suite à celle-ci que je décidé d’écrire la réponse que voici.


Dany.
Je t’expose cette lettre comme on explose une bouteille dans une mer de rocs. Pas très sûr du pourquoi ni du comment de tout ça, mais trop touché trop profond pour m’être infidèle au point de rester muet anonyme et silencieux.
Aux six insultes auxquelles Internet t’a exposé, voici la réponse en six d’un spectateur qui ne peut rester passif depuis que tu l’as tant ému : mis en mouvement.

1—Dany ton courage m’inspire

Si l’ego nous motive à ouvrir la bouche, c’est le courage qui nous fait porter la voix. Tu as porté ta voix vers un public qui ne te voulait pas, ne te connaissais pas et méprisais –berné par l’illusion de la barrière de classe culturelle– de trouver une mouche de réflexion dans son gâteau de divertissement. Tu l’as fait derrière un personnage incarnant cette dichotomie ; mais surtout derrière un personnage tendre. Mes premières rencontres avec ton travail ont été marquées (parfois aux larmes) par l’admiration que je ressentait face au courage de venir dire l’inattendu et l’important, et avec tendresse. Bravo.

2—Dany ta démarche me porte

Interviews ou vidéos construites, je t’ai écouté t’exprimer avec la sensation d’instants charnières. Effet de la sagesse philosophique (pléonasme) ou de ton vécu, tu parles pour changer celui qui t’écoutes. En l’invitant à la réflexion ou en le confrontant à ses déterminismes… Ou même simplement en lui disant : regarde – c’est vraiment moi, je t’invite à me regarder ou m’écouter loin des postures et artifices, en étant vraiment toi. Cette force née pour briser les murs qui nous encagent le cœur, tu sais la faire tienne. Et quand j’ai un projet créatif… J’y pense. Tu as contribué à me faire prendre conscience que c’est cette énergie-ci qu’il faut choyer et préserver.

3—Dany ta sincérité me touche

Accepter de se présenter tel que l’on est… Même pour dire : je ne sais pas qui je suis, c’est fort. Putain de fort – révolutionnaire. Quand on arrête de faire semblant, qu’on montre qu’il n’y a pas à s’épuiser dans la posture, qu’on a déjà tout quand on cesse de chercher à devenir. On touche au spirituel, la religion avant « le livre », celle qui te murmure : ne cherche dieu qu’avec un miroir car tout est déjà à sa place chez toi.

4—Dany tu fais partie de mes héros

J’ai du mal avec les gens. Le genre de mal qui te colle une dépression à vie ; tu peux l’ignorer mais jamais la faire disparaître. J’ai besoin de figures bienveillantes, positives, qui te rassurent quand tu lis une actualité de trop, qu’on te raconte une horreur de trop. J’ai quelques noms quelque part qui font que quand le désespoir s’installe il est combattu par une équipe d’Avengers de la bienveillance que j’ai intégré à force de vidéos Youtube et de podcasts lumineux. Tu fais partie des premiers de ces héros que j’ai choisi d’héberger dans mon paysage intérieur. Des premières figures qui m’ont aidé à me dire que la civilisation des humains, c’était aussi des gens comme toi.

5—Dany tu m’aides à rester Ouvert

Être blessé – voir les blessures des autres – et être impuissant. Je pense que j’ai très tôt basculé dans la haine. Et pendant très longtemps. Assez logique pour comprendre que tourner cette haine sur les innocents serait absurde et incapable de l’amener confondre ceux à qui je la destinais, je l’ai naturellement tournée contre moi-même.
Ça fait un moment que je n’en veux plus. Du mal de bide, de la déception permanente d’autrui, de la soif de sang primitive… Ça fait un moment, mais si on apprend facilement à être un soldat il y a moins de manuels pour devenir son propre guérisseur. Il y en avait moins.
Il commence à se dessiner ce manuel. Nos films (SWVIII), nos jeux (#carewave), nos vidéos (conférences gesticulées, TedX) sont en passe d’ouvrir un chemin pour qu’on apprenne à éteindre des feux que nous ne savions que propager.
Tu fus parmi les premiers à me faire sentir ce changement profond. Quand tu me parlais de ta sexualité, de tes douleurs, de tes avis. Dans une salle saturée de cris il y avait soudain quelqu’un qui proposait doucement qu’on lui consacre une minute. Une minute qui me laissait toujours plus ouvert, moins haineux que celle d’avant.

6—Dany si tu choisis de parler, je choisis de t’entendre.

Cela n’est pas arrivé mais peut être serais-je en fort désaccord un jour avec tes propos. Et ce sera très bien. Le plus probable c’est que tes positions et ton discours continueront à me toucher, me bouleverser parfois, me changer toujours. Et ce sera parfait.
Je ne suis qu’un petit goujon dans une mer d’humains émus prêts à faire voguer ton esquif, mais sache que depuis mon point indéfini du temps et de l’espace je suis heureux que tu sois là. J’ai besoin d’un monde où tu continues à dire qui tu es.

2 thoughts on “Dany Caligula – Réponse aux six insultes d’Internet”

  1. Merci beaucoup pour tes jolis mots. Ils sont beaucoup trop élogieux pour que je les accepte entièrement, mais ils sont plus que motivants. Si tu as choisi la voie de l’amour et de la compréhension, tout l’honneur est pour toi.

    À bientôt et encore merci.

    1. Ravi si mes mots ont pu t’apporter quelque chose !
      Ils seront là, à t’attendre, pour le jour où tu auras envie ou besoin de les accepter d’avantages.

      Au plaisir de tout futur, merci encore toi aussi.

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