Fifties Cyberpunk

L’excellent Saint Epondyle a eut la bonne idée d’organiser un concours de textes courts (fifty = 50 mots) autours du Cyberpunk, juste là : Concours Fifty Cyberpunk.

J’ai participé, mais avant de trouver le texte que je souhaitais envoyer j’en ai écrit quelques-uns, que je vous livre ici.
En fait, ça s’est pas passé tout à fait comme ça.
J’ai eut connaissance du concours. J’ai pondu en trois minutes un texte de cinquante mots qui m’a bien plu ; j’ai essayé pendant dix jours d’en écrire d’autres qui me plairaient davantage… En vain.

Donc le texte que j’ai envoyé était le premier, et les autres… Les voilà !


Mes yeux métalliques contemplent des constellations électriques. Toutes ces lumières… Et personne ne les remarque plus. Ma main se resserre sur le manche de mon sabre nanofilament, j’entends les vérins de mon épaule chuinter. Je peux tuer en un mouvement… mais il n’y a personne avec qui parler des lumières.


L’holocube me l’a affirmé : je suis quelqu’un de meilleur. Je suis plus rapide, plus performant, plus productif. Je savoure l’efficacité glacée de chaque mouvement optimisé à la perfection. J’ai les connaissances théoriques d’une ville entière. Mais quand je regarde au fond de moi… Je ne trouve qu’une immense tristesse.


Il ne voit pas ma colère, uniquement son reflet dans mes yeux métalliques ; les implants de mon visage ont effacé toute trace d’émotion. La lame nanofilament s’abat. Lui aussi. Du sang goutte sur son costume italien. Karasugichi Innovations me récompensera généreusement, mais abattre un corpo, c’est déjà une récompense.


L’humidité, la chaleur et la lumière. Voici tout mon univers. Au pied des tours de métal, tout se compose de ces trois éléments. C’est beau. La condensation sur mes mains métalliques qui me rappelle les hologrammes des forêts tropicales. La chaleur des nouilles japonaises. La lumière des néons. La mort.


Plus vite ! À contresens dans les rues bondées, ma moto fonce jusqu’à ce que les néons publicitaires ne soient plus que traits verticaux. Je hurle à la face des immenses buildings corporatistes. Je hurle de me sentir enfin un peu en vie. Et je ris quand le mur arrive.


La greffe du nouvel implant est un succès. Je frissonne d’éprouver la tension des câbles dans mes nerfs. Que vais-je pouvoir remplacer maintenant ? Mes yeux ? Je veux plus de performance. Plus de vitesse ! Le prochain implant, me rendra peut-être heureux.
J’ai hâte de m’oublier tout à fait.


La lumière des néons publicitaires irise mes yeux métalliques de reflets rosés. Du haut du building, j’entends chaque conversation, cent mètres plus bas. Les voix sont inquiètes, apeurées… On parle d’une nouvelle terreur qui massacre des interfacés. On l’appelle l’Ombre dans la Matrice.
C’est un nom qui me va bien.


L’intelligence virtuelle Athena m’expulse du sommeil avec une goutte d’adrénaline. Il est six heures, mon conapt vibre du passage du train céleste devant ma fenêtre, la pluie fait grésiller les néons qui me servent de lampe de chevet. Athena active le programme d’hygiène, lance le café.
C’est ma seule amie.


Je n’arrête pas de trembler. Pas à cause de l’humidité pénétrante, ni des sirènes qui me vrillent le crâne ; mon derme renforcé et mon casque de moto m’en protègent. Si les pilules n’arrivent plus à juguler mon adrénaline, c’est à cause du cadavre de corpo, là, à mes pieds.


Les holos flashs se diffusent dans tous les casques du monde en injonctions stroboscopiques. Ici il est midi, l’heure des informations. Les mots translucides et les idées toxiques s’implémentent dans mon esprit sans que je puisse y échapper. Si j’éteins c’est la détention, mais j’ai une solution.
Presser la détente.

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